Certains postulants se voient refuser l’accès à un entretien d’embauche. En raison de leur âge, leur sexe, leur nationalité, ou leur apparence physique. La discrimination à l’embauche est bien réelle. Et en Suisse, elle est même parfois légale.

La discrimination par l’âge : l’exception suisse

Contrairement à la majorité des autres pays, la loi suisse n’interdit pas la discrimination à l’embauche en fonction de l’âge des candidats. Environ 10% des annonces indiquent une limite d’âge et plus de 40% mentionnent un “âge idéal”, ce qui laisse présager des faibles chances laissées au postulant ne correspondant pas à ce critère.

Malgré les actions de certains politiciens et d’associations pour interdire ce type de discrimination, le Conseil fédéral estime que sensibiliser suffit.

Or, dans les faits, cela ne semble pas fonctionner. Dans de nombreux secteurs, passé 40 ans, les postulants ne sont même pas convoqués à un entretien d’embauche. Ce qui les prive d’emblée de toute chance de convaincre les recruteurs de la qualité de leur candidature.

L’argument récurrent des employeurs concerne l’investissement en formation qui ne sera pas rentabilisé. S’ils recrutent une personne qui partira à la retraite au bout de quelques années. Cette justification n’est pas valable. Les personnes embauchées sur le tard ont tellement de mal à trouver un emploi qu’elles y restent jusqu’à leur départ en retraite. Alors que les “jeunes” papillonnent et restent moins longtemps sur un même poste.

Les autres types de discrimination

Il existe d’autres types de discrimination qui, elles, sont totalement illégales.

Les exemples de discrimination sexuelle ne manquent pas, et touchent aussi bien les hommes que les femmes. Peut-être est-ce la loi qui n’est pas assez dissuasive. Lorsque la discrimination peut être prouvée, ce qui est rarement évident, l’employeur risque de payer une indemnité maximum de trois mois de salaire au candidat évincé, mais n’a aucune obligation de l’embaucher.

Qu’elle soit faite consciemment ou inconsciemment, la discrimination selon l’apparence physique est également une réalité. A compétences égales, ce sont souvent les personnes à l’apparence agréable qui sont retenues pour le job, au détriment des candidats au physique ingrat.

Les postulants étrangers, et notamment les personnes originaires des Balkans, font eux aussi les frais de la discrimination. De nombreux candidats sont écartés dès la lecture de leur CV, alors qu’ils ont des profils plus intéressants que leurs homologues suisses. Or, les entreprises auraient tout intérêt à ne pas discriminer les employés étrangers. Les entités les plus ouvertes en matière de recrutement ayant une meilleure réputation, elles recrutent plus facilement des profils qualifiés.

Qu’elle soit légale ou non, la discrimination à l’embauche existe bel et bien. Les mentalités ont du mal à évoluer. Pourtant, avec une catégorie 45 – 65 ans qui représente un tiers de la population suisse et une population vieillissante, il faudra bien que les employeurs modifient leurs critères de recrutement s’ils veulent continuer à trouver des collaborateurs qualifiés.