Aujourd’hui, en Suisse romande comme ailleurs, l’anglais est très utilisé dans les échanges commerciaux. Toutefois, même si la langue anglaise a gagné du terrain en Romandie, elle est bien loin d’avoir détrôné l’allemand qui y est toujours considéré comme la langue d’échange dans de nombreux secteurs professionnels. Alors, faut-il parler allemand pour travailler en Suisse romande ?

 

L’anglais, la langue de la mondialisation

Force est de constater qu’en Suisse romande, comme partout, l’anglais s’impose dans le monde bancaire ou médical. Mondialisation oblige, de nombreuses formations et outils ne sont disponibles qu’en anglais. La maîtrise de la langue de Shakespeare apparait donc indispensable pour propulser sa carrière. De nombreux Suisses romands utilisent même l’anglais pour échanger avec leurs homologues suisses alémaniques. Les Romands pratiquent en effet si peu l’allemand, qu’ils le maîtrisent moins que l’anglais. Résultat, ils ont tendance à passer à l’anglais dès lors que leur interlocuteur ne parle pas français.

 

L’allemand, un prérequis pour les sociétés nationales

Cette situation ne se reproduit toutefois pas dans tous les cas de figure. Car si l’anglais est exigé par les institutions internationales et les banques, les recruteurs des sociétés nationales demandent fréquemment l’allemand pour les postes à responsabilités. Dans la moitié des entreprises romandes la langue de Goethe est la plus usitée dans le cadre des activités quotidiennes. Les services de back office des banques ont été centralisés en Suisse alémanique, et de nombreux sièges sociaux de grandes entreprises sont implantés en Allemagne. Aussi, lors des échanges au niveau suisse, et notamment dans les séances des comités, chacun s’exprime dans sa propre langue. En outre, les analyses et bilans de société se font également dans la langue originale. Tout comme les documentations techniques et industrielles qui ne sont pas nécessairement traduites. D’où la nécessité pour les Romands d’au moins comprendre l’allemand. Or, la Suisse romande manque d’employés maîtrisant bien cette langue, alors qu’elle est de plus en plus exigée.

La Confédération elle-même n’exige-t-elle pas des entrepreneurs romands de maîtriser l’allemand pour passer ses commandes de matériel ou de services ?

 

L’allemand et l’anglais sont complémentaires

Faut-il pour autant choisir entre l’allemand et l’anglais ? Malgré les apparences, penser que les deux langues sont concurrentes serait une erreur, puisqu’elles sont complémentaires. Car si l’anglais est prioritaire dans le monde scientifique et académique, les échanges se font au niveau national dans la langue d’origine. Et comme les Suisses alémaniques sont trois plus nombreux que les Suisses francophones, parler l’Allemand en Suisse romande semble une évidence lorsque l’on travaille au niveau national.

Aujourd’hui, maîtriser plusieurs langues est devenu un critère essentiel lorsqu’on exerce une fonction de responsable. A tel point que les entreprises n’hésitent pas à investir lourdement pour permettre à leurs cadres de maîtriser les trois langues.

 

Maîtriser l’allemand est plus que jamais un indéniable atout lorsque l’on postule en Suisse romande. En revanche, cela ne suffit pas toujours pour ceux qui font le choix d’aller travailler en Suisse alémanique. Ils doivent souvent s’adapter au suisse allemand pour arriver à communiquer correctement avec leurs interlocuteurs.