Le monde du travail s’adapte aux évolutions de la société. Parmi les tendances actuelles, figure le job sharing, autrement dit le partage d’un poste entre deux personnes. Très en vogue aux États-Unis, en Angleterre et en Suisse, cette forme de travail partiel serait-elle la solution permettant de concilier vies personnelle et professionnelle ?

 

Qu’est-ce que le job sharing?

Le job sharing est une forme d’organisation spécifique du travail. Cela consiste à partager un poste à temps plein entre deux personnes à temps partiel. Dans la pratique, le job sharing peut s’organiser de différentes manières :

Le job-pairing : il s’agit de la forme de job sharing la plus répandue. Les deux personnes se partagent la planification et l’exécution du travail, et l’employeur peut s’adresser indifféremment à l’une ou l’autre des personnes du binôme, notamment en ce qui concerne l’état d’avancement des tâches.

Le job-splitting : cette formule permet de partager le travail en fonction des compétences et des préférences des partenaires. Dans cette configuration, les personnes sont complémentaires et, de ce fait, ne sont pas interchangeables. Chacune restant responsable de sa partie.

Le split-level-sharing est utilisé lorsque l’un des deux membres du binôme est en formation.

– Le terme de top-sharing désigne plus particulièrement le partage des responsabilités entre cadres supérieurs.

 

Des partenaires nécessairement compatibles

Il va sans dire que le duo doit naître de manière volontaire pour bien fonctionner : la confiance et l’entente entre les deux membres sont des conditions sine qua non pour éviter les malentendus et les conflits que peut générer une collaboration étroite.

Car avec le job-sharing, les habitudes de travail sont bousculées : plus question de travailler sur un dossier dans son coin, tout doit être transparent, organisé de manière à ce que l’autre membre du tandem puisse prendre le relais en quelques minutes et être directement opérationnel. Les projets nécessitent donc une préparation parfaite.

A noter que les rares échecs recensés proviennent généralement d’une mésentente, d’une dilution de la responsabilité, d’un manque de communication ou d’une désynchronisation.

 

Un concept basé sur le gagnant-gagnant

On croit à tort que les avantages du job-sharing profitent uniquement aux employés qui peuvent ainsi concilier vie de familiale et vie professionnelle. Incontestablement, cette forme de partage du travail valorise le temps partiel et permet d’accroitre la motivation des collaborateurs.

Et même si les postes en job-sharing coûtent plus cher aux entreprises et sont mis en place sur demande des employés, cela ne signifie pas pour autant que mode de travail est désavantageux pour l’employeur. Celui-ci en retire également des bénéfices car avec deux personnes pour une fonction :

– le poste est toujours occupé

– l’employeur profite d’une double expertise

– les décisions sont plus réfléchies

– les projets avancent plus rapidement

– la productivité croît de 10 à 15%

 

Aujourd’hui, les entreprises helvétiques utilisent de manière croissante le job sharing et de plus en plus pour des postes en hautes sphères. La Suisse serait-elle bientôt prête à recourir au job sharing pour les postes de CEO, comme c’est déjà le cas en Allemagne ?