La Suisse met un nombre croissant de femmes aux commandes de ses entreprises aujourd’hui. Au nom de la parité ? Il semblerait que ce changement soit plus lié aux différences entre hommes et femmes au travail. Car les leaders féminins appliquent un style de management plus prudent et plus axé sur les compétences que celui pratiqué par les hommes.

 

La conception traditionnelle masculine du management

 

Le management de style masculin a longtemps été considéré comme le seul modèle à suivre dans le domaine du leadership. Basé sur l’action, la motivation des collaborateurs et la culture de la compétition et de la gagne, il récompense les prestations réussies et sanctionne les échecs.

Attirés par le pouvoir, les hommes font davantage preuve d’agressivité. Ils recherchent dans les postes de direction plutôt les bénéfices matériels et le niveau de vie liés à la position que leur épanouissement.

Plus stratèges, dotés d’une vision résolument plus politique et plus long terme que les femmes, les hommes ont compris l’intérêt du réseautage et l’ont intégré dans leurs pratiques.

Bons communicants, ils adressent des messages et des ordres qui ne laissent aucune place à l’ambiguïté. Ils sont plus directs que les femmes. Et si dans d’autres domaines, ils ont des leçons à prendre auprès des femmes, ils restent meilleurs lorsqu’il s’agit d’insuffler la motivation, l’influence et la persuasion.

 

Quand les femmes sont aux commandes

 

Si elles ont longtemps cherché à imiter les hommes, les femmes leaders managent aujourd’hui bien à leur manière.

Moins avides de pouvoir que les hommes, on leur reconnaît des qualités plus humaines. Elles ont une écoute, une empathie ou un sens de l’intérêt collectif plus marqués que leurs homologues masculins. Elles cherchent à établir une communication ouverte dans l’entreprise et privilégient un comportement plus axé sur la coopération et la sociabilité. Motivées par l‘épanouissement personnel plus que par le confort matériel, elles misent sur les compétences, la confiance et la motivation des collaborateurs. Bien moins agressives que les hommes, elles définissent des objectifs et des plans d’action dans lesquelles elles s’impliquent corps et âme car elles manquent rarement une occasion de montrer l’exemple.

Mais contrairement aux managers masculins, les femmes s’expliquent souvent de manière indirecte. Ce qui peut rendre le message peu clair et troubler les collaborateurs.

Et bien que très présentes sur les réseaux privés, elles sont aussi moins fortes en réseautage business. Elles pratiquent moins l’entraide professionnelle entre femmes que les hommes entre eux.

Bonnes gestionnaires, prudentes, elles ne prennent pas de décisions risquées. Elles dirigent l’entreprise, si l’on peut dire, en bon père de famille.

Quant à diriger des équipes masculines lorsqu’on est une femme, il s’agit d’une tâche ardue. Cela exige de gagner leur confiance en affirmant ses compétences au quotidien. Chose qui, il faut l’avouer, n’est pas nécessaire lorsque le manager est un homme.

 

Force est de constater que les entreprises ont tendance à intégrer plus de femmes dans leur équipe dirigeante. En effet, leur présence contribue à augmenter les bénéfices. Certains y verront l’influence des femmes, d’autres la corrélation entre mixité et performance.