La mondialisation favorise la concurrence, obligeant les entreprises à être plus souples et plus performantes pour conserver sa clientèle et conquérir de nouveaux marchés. Mais l’ultra libéralisation des économies conduit également les travailleurs à revoir leur copie. Aux quatre coins de la planète, les indépendants se font de plus en plus nombreux chaque jour.  

Si rien n’est fait, le phénomène d’ubérisation devrait se généraliser. Le  nombre d’indépendants pourraient même dépasser celui des salariés.

 

Une liberté qui coûte cher

Certains présentent le développement de l’activité indépendante comme une volonté des travailleurs d’être à leur compte. Afin d’exercer leur profession de manière autonome, en gérant leurs horaires, et en travaillant une clientèle diverse et variée. D’autres y voient surtout l’opportunité de précariser le statut des travailleurs. Et donc de réduire le coût de la main d’œuvre. Non régi par le Code du travail, les indépendants ont: ni horaires de travail, ni dimanches. La disponibilité étant un des mots d’ordre liés au statut. Avec les travailleurs autonomes, les entreprises peuvent allègrement contourner les lois du travail existantes tout en réalisant de substantielles économies.

 

Des rémunérations a priori équivalentes à celle des salariés

Si à première vue, les rémunérations des salariés semblent comparables à celles des indépendants. Mais elles ne le sont plus du tout. On prendre en compte l‘absence de couverture sociale, de congés payés ou congés maladie du travailleur indépendant, ou encore les frais qu’il doit payer de sa poche.

 

L’indépendance, la règle de demain ?

A l’heure où les entreprises sont pressurisées, constamment mises en concurrence et où ce sont les moins-disants qui remportent systématiquement les marchés, elles demandent à leurs travailleurs ce qu’on exige d’elles : de la souplesse et des performances tout en restant ultra compétitives. Elles n’ont aucune raison de revenir au système du salariat, lourd et coûteux.

Un salarié a droit à des congés payés, des absences pour maladie, des primes, notamment de précarité. De plus un salarié touche un salaire même en cas de baisse de chiffre d’affaires. Mais aussi un treizième mois, des indemnités en cas de licenciement et plus encore. Pour quelles raisons les entreprises reviendraient-elles au salariat ? Alors qu’elles trouvent de la main d’œuvre qui réalise le même travail , plus souple, et ne facture qu’à la tâche. Il faut se rendre à l’évidence. Elles ne vont pas se tirer une balle dans le pied ! Seule la réglementation pourra les contraindre à revenir au salariat. Or l’évolution de la législation semble aller de moins en moins dans ce sens. Selon de nombreuses prévisions, travail et statut d’indépendant seront la norme à l’horizon 2030, date à laquelle les auto-entrepreneurs devraient dépasser les salariés.

 

Quel avenir pour le salarié ? Si comme cela est prévisible, le phénomène d’ubérisation s’amplifie, le salarié risque de devenir un travailleur en voie de disparition. Et il semblerait que nous n’ayons pas d’autre choix. Nous devons nous habituer à cette nouvelle façon de travailler pour rester dans la course.