Suis-je assez compétent·e ?

Suis-je assez compétent·e ?

Je suis responsable des ventes au sein d’une entreprise depuis de nombreuses années. Dans ce cadre, j’ai la possibilité de collaborer à un projet de grande envergure. De manière générale, je suis très motivée et me réjouis beaucoup de pouvoir donner le meilleur de moi-même. Mais depuis quelque temps, je suis prise par le doute. Suis-je réellement la bonne personne? Que pensent réellement de moi les autres membres du groupe de projet? Ces questions m’assaillent de plus en plus et je me sens complètement démunie.

La plupart des gens connaissent des périodes d’insécurité et de doute. En eux-mêmes, ces sentiments peuvent même s’avérer utiles s’ils permettent d’amorcer des développements et de tirer les leçons des échecs passés. Mais s’ils deviennent incontrôlables et finissent par exercer une influence négative sur notre état d’esprit ou sur nos agissements, il devient urgent de faire quelque chose. Le doute apparaît lorsque l’on compare son idéal avec la personne que l’on est réellement et que l’on a l’impression qu’une grande distance les sépare.

La satisfaction de soi dépend moins de nos succès objectifs que de nos évaluations subjectives. Derrière ces doutes qui nous tourmentent se cache souvent le sentiment d’avoir peu de valeur et de ne pas être assez bon. C’est ici précisément qu’il s’agit de renverser la vapeur en s’efforçant d’appréhender ces doutes de manière plus constructive. Vous pouvez par exemple vous demander si, en tant que personne, vous avez réellement moins de valeur si, dans le cadre du projet qui s’annonce, vous n’êtes pas toujours en mesure de livrer une réponse tout de suite. Vous-même, considéreriez-vous qu’un ou une collègue manque d’efficacité s’il lui arrive parfois de ne pas savoir quelque chose?

Plutôt que se focaliser sur les problèmes d’exactitude et de contenu, il peut aussi s’avérer utile d’associer ces doutes à des questions liées au sens. Par exemple en interrogeant l’utilité de douter pareillement de soi. On peut en effet tout aussi bien questionner le doute et le manque de  confiance en soi eux-mêmes. Lorsque le doute et le manque de confiance deviennent des vecteurs d’autodénigrement, il est conseillé de les repousser mentalement et de prendre soin de soi de manière bienveillante. Il convient aussi de clairement garder à l’esprit que ces doutes destructeurs ne reposent pas sur des bases objectives. Lorsque l’on souhaite s’évaluer soi-même de manière plus réaliste, il vaut la peine de privilégier les contacts, les conversations entre quatre yeux avec des amies et des amis, de même que le soutien de personnes professionnelles, qui valent leur pesant d’or en la matière.

Brigitte Hiestand
Psychologue à la Société des Employés de Commerce
www.secsuisse.ch